Pierre rentra dans la classe. Au passage, il salua le professeur Reeves puis, vit des copains à lui qui lui faisait signe de les rejoindre, mais Pierre avait une autre idée en tête. Il commença alors à chercher Marie des yeux, il la trouva alors penché sur son cahier à dessin. Il décida donc d'aller la rejoindre et il alla s'asseoir au bureau en face d'elle.
- Alors ça va ? Lui demanda-t-il.
Elle ne le regarda pas et ne répondit pas à sa question.
- Marie tu m'entends ? Dit-il alors.
Elle ne répondit rien et continua à dessiner. Pierre commença alors à s'impatienter.
- Hé ! Ne me dis pas que tu me fais la tête ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Marie leva les yeux, pour croiser son regard.
- Et si j'avais de bonnes raisons de te faire la tête hein ? Demanda celle-ci.
- Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Cria-t-il.
Monsieur Reeves qui voyait que ça n'aillait pas tarder à se mettre à crier, alla vers eux.
- Écoutez, je suis gentil et compréhensif, mais là je dois vous mettre dans une autre salle. Vous reviendrez quand vous aurez réglé vos comptes, tous les deux.
Pierre et Marie sortirent alors de la classe, suivit du professeur, qui leurs ouvrit un local. Il les fit rentrer et ferma la porte. Aussitôt, Marie se mit à crier.
- T'es qu'un sale menteur !
- Quoi ? Comment ça ? Demanda-t-il, un peu perdu.
- Oh pitié ! Ne te la joue pas ''de quoi tu parles'' tu m'as dit que tu ne voulais plus voir Allison et la première chose que j'entend, c'est que t'es partit de chez nous sans me dire le moindre salut et que t'es monté avec Allison en voiture puis, qu'en plus tu l'as embrassé !
- Quoi ? Oui, je t'ai dit que je ne voulais plus voir Allison, j'ai monté en voiture avec elle pour lui dire justement, bredouilla-t-il.
- Menteur ! ! Cria Marie plus fort.
- Enfin merde ! C'est quoi ton problème ? Lui répondit-il, agressivement.
Remplie de rage contre lui et Allison, elle lui lança alors.
- C'est toi mon problème !
Puis, elle sortit du local en claquant la porte. Pierre sortit lui aussi bouche bée, il essaya de la rattraper dans le couloir, mais elle avait une longueur d'avance sur lui et le professeur Reeves le rappela pour qu'il retourne dans la classe de retenue. Au passage, le professeur murmura.
- Belle crise de jalousie. Dommage que tu ne saches pas dénicher ces signes, Pierre.
Pierre retourna dans la salle de retenue, plutôt pensif. Il alla s'asseoir dans un coin tout seul et prit une feuille de papier et y griffonna quelques mots, qui ne formaient pas grand choses, mais il écrivait ce qu'il ressentait sur le moment. Il était tout perdu et son coeur ne savait plus ou donner de la tête.
Marie s'était mise à pleurer immédiatement après avoir été à l'extérieur de l'école. Elle se sentait terriblement mal de ce qu'elle avait pu dire, mais aussi que Pierre lui ait menti. Elle avait cru qu'elle pourrait avoir sa chance avec lui et que c'était vrai qu'il ne voulait plus rien savoir d'Allison. Au fond d'elle, Marie était consciente que c'était de la pure jalousie, mais elle refusait d'y penser. Rendu chez elle, Marie se dirigea vers sa chambre et se coucha sur son lit pour pleurer et essayer de reprendre ses esprits. Quelques instants plus tard elle décida de regarder par la fenêtre, car elle avait cru entendre une voiture. Dehors, elle aperçut Géraldine sortir d'une décapotable rose bonbon. Marie se demandait d'où revenait Géraldine. Elle se précipita sur le téléphone pour appeler son amie et en savoir plus.
Véro regardait ses photos de David, lorsque soudain elle entendit cogner à sa fenêtre. Lorsqu'elle se tourna pour voir qui cognait, elle sursauta en voyant David lui faire des signes, pour qu'elle ouvre la fenêtre. Elle se précipita pour l'ouvrir, oubliant la honte et rancune qu'elle ressentait. Tout ça c'était envolé lorsqu'elle l'avait vue gelé dehors, à taper à sa vitre. Lorsqu'elle ouvrit, il sauta à l'intérieur.
- Brr...Il fait froid...t'attendais quoi ? Que je me transforme en Mister Freeze ? Demanda David, en passant ses mains sur ses bras pour se réchauffer.
- Désolée, mais c'est rare que tu passes par ma fenêtre ! Surtout qu'elle est au deuxième étage et que tu as dû escalader l'arbre pour venir jusqu'ici, lui répondit-elle froidement.
- Pas mal obligé de passer par là. Jeff aurait trouvé ça douteux que je veuille te voir et pas lui...
Il retira son manteau qu'il jeta sur le lit.
- Et pourquoi es-tu là ? Demanda Véro, essayant d'éviter le regard de David.
- Parce que je suis inquiet pour ma soeur et puisque tu es sa meilleure amie, je suis sûr que tu sais ce qu'elle a ! Enfin, je l'espère parce que je ne suis pas très bon acrobate et si tu ne le sais pas, ça va vouloir dire que j'ai grimpé dans un arbre pour rien.
Véro hésita à lui répondre, elle avait promis à Marie de ne rien révéler à David de ses vues sur Pierre, enfin elle lui répondit.
- Allison n'arrête pas de l'embêter et tu n'es pas mieux donc, elle a les nerf à vif. C'est normal, alors laisse-la faire, mais si tu sens qu'elle a vraiment besoin l'aide, offre-lui ton aide et on verra ce qu'elle dira...
David ne s'attendait pas à une réponse si courte et directe de la part de Véro, mais maintenant qu'il avait sa réponse, il jugea bon de retourner chez lui. Il attrapa son manteau et commença à ouvrir la fenêtre lorsque Véro l'appela.
- David ! Je voulais justement aller au centre commercial pour acheter un cadeau à Marie, pour au moins lui remonter un peu le moral et peut-être que tu pourrais aider à lui en choisir un aussi.
David resta un moment le corps à moitié passé par la fenêtre et l'autre moitié dans la chambre. Puis, il lui répondit un simple ok avant de redescendre par l'arbre et aller attendre en avant de la maison.
Géraldine portait ses sacs joyeusement, en portant quelques morceaux de son nouveau look, qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à celui d'Allison. Lorsque soudain, dans une boutique de babiole, elle aperçut Véro et David. Ils semblaient bien s'amuser à se montrer les bibelots les plus laid qu'ils trouvaient. Allison et Erika étaient allées s'asseoir à une table d'un restaurant tout près, Géraldine posa ses sacs près de la chaise et leur dit qu'elle revenait et se dirigea vers la boutique. Joyeusement, elle leur lança un salut. Les deux amis la regardèrent, se demandant qui pouvait bien être la jeune fille qui venait de les saluer si chaleureusement. Puis, Véro après l'avoir regardé attentivement s'écria.
- Géraldine ? C'est toi ?
Géraldine alla alors la prendre dans ses bras.
- Bien sûr que c'est moi, comment trouves-tu mon nouveau look ? Demanda-t-elle à Véro.
Véro la regarda une seconde fois attentivement.
- Tu ressembles à Allison, mais avec les cheveux noirs...
- Bien, c'est elle qui a choisie les vêtements, donc c'est un peu normal...
Véro et David dirent un « Quoi ? » particulièrement bruyant à cette annonce.
- T'as magasiné avec Allison ? Demanda Véro. Après avoir vue ce qu'elle a fait à Marie, mais t'es folle ? S'écria Véro.
- Oh Marie s'en remettra et moi j'aime bien ce look ! Toi, David qu'est-ce que t'en penses de mon nouveau look ?
- Euh... t'as l'air ridicule et deuxièmement une Allison suffit ! Répliqua-t-il, sincèrement.
- Comment ça ridicule, c'est ce qu'il y a de plus à la mode et de plus cher...
- Ouais peut-être, mais ce n'est pas toi ce look. C'est le look d'une gamine gâtée pourrie, qui s'amuse à énerver le peuple, pourquoi t'as accepté ça ? Demanda Véro.
- Parce qu'avec ce look là, Joël va m'adorer et je vais pouvoir être heureuse avec lui, lui répondit-elle sèchement.
- Pff Joël , lui dit David. Bonne chance, il craque pour une fille aux semaines. Tiens par exemple, il a craqué sur ma soeur il y a quatre semaines et pour Véro la semaine avant ton arrivée. Alors, tu vas être heureuse, peut-être, mais pendant une semaine...
Vexée, Géraldine leur lança un regard noir.
- Bon , si c'est comme ça, je vais aller rejoindre mes vraies amies. Elles au moins, elles me comprennent. Puis, elle tourna les talons de ses chaussures à talon aiguille et partit retrouver Allison et Erika.
Ne sachant pas pourquoi, Géraldine s'était amusée comme une folle avec Allison et Erika. Finalement, Allison n'était pas si horrible, en faites. Après que la soirée fut bien entamée, Allison avait décidé de déposer Géraldine juste devant chez elle.
- Bon, voilà mon numéro, dit Allison, en tendant un petit papier à Géraldine. J'ai aussi ajouter celui de Joël, ajouta Allison en lui faisant un clin d'oeil.
Elle lui fit la bise virtuellement et Géraldine descendit de la voiture.
- À demain ma belle, cria Allison en lui faisant un signe de la main.
Géraldine resta sur place pendant quelques minutes et rentra chez elle. Lorsqu'elle franchit la porte, elle vit Chuck.
- Et bien jeune fille, où étiez-vous passé ? Dit-il en rigolant. Heureusement pour toi que les parents ne sont pas encore là, sinon ils t'auraient bien tuer, ma pauvre.
- Euh... oui... bon je monte dans ma chambre, dit-elle en faisant un bisou à son frère.
En arrivant dans sa chambre, elle s'affala sur son lit, en jetant les sacs de shoppings qu'elle avait avec elle. Le téléphone sonna c'était Marie.
- Alors qui c'était ? Demanda-t-elle.
Géraldine hésita une seconde à lui dire qui était cette mystérieuse personne, mais elle jugea bon de lui dire la vérité.
- Et bien à ma grande surprise, il s'agissait d'Allison. C'est pas rigolo ?? Dit-elle.
- Allison et elle te voulait quoi au juste ? Demanda Marie.
- Et bien juste que je sois son amie, on va dire ça comme ça !!!
- Tu lui as dit ce que tu pensais ? Demanda Marie, un peu inquiète.
- Oui, tout à fait ! D'ailleurs, j'ai fait du shopping avec elle, elle est...
Géraldine n'eut pas le temps de finir sa phrase, car elle fut couper par Marie.
- Quoi ? Tu as fait du shopping avec cette garce d'Allison ? Et moi qui te croyais bien !
- Apparemment, tu t'es trompée Marie, répondit Géraldine déçu de la réaction de son amie.
- Ouais, apparemment ! Alors, à lundi...
- Ouais, si je te croise, mais je t'éviterai comme font les gens BIEN.
Et les deux jeunes filles raccrochèrent.
Véro revint chez elle avec David, ils avaient quelques sacs et avaient trouvé un cadeau à Marie, ainsi que quelques trucs pour eux même. David la remercia de l'aider à remonter le moral de sa soeur, puis il retourna chez lui. Véro le regarda disparaître derrière la haie. Après quelques secondes, elle passa la porte et monta dans sa chambre pour emballer le cadeau à Marie.
Pierre sortit de la classe de retenue, il tenait devant lui la feuille sur laquelle il avait écrit les mots de ce qu'il ressentait, il les lu et relu dans sa tête.
- N'importe quoi, la prendre dans mes bras, penser à elle, la faire rire, je ne veux pas qu'elle m'oublie ou m'ignore, je l'aime toujours, je ferme mes yeux et je la voie... sachant qu'elle est fâchée contre moi, je suis mal, pourquoi ?... je ne pourrai pas dormir, elle est le centre de mes pensées, je veux tant la retrouver.
Reeves regarda Pierre partir, il était déçu de voir que le jeune homme n'avait pas encore découvert les sentiments de Marie, mais il se réjouie de l'avoir mis sur le chemin de ses sentiments.
David rentra dans sa chambre. En passant devant celle de Marie, il su que sa jeune soeur était au téléphone avec Géraldine et que pour elle, son amie l'avait trahie. Il attrapa sa guitare et commença à chanter pour oublier ce qu'il avait vu et penser un peu plus à des choses heureuses.
Pierre essaya d'appeler chez David pour s'excuser de son comportement envers Marie, mais à chaque fois qu'il essayait d'appeler, ça sonnait occupé. Sauf une fois, où juste au son de sa voix, Marie lui avait raccroché au nez. Désespéré, il se sentait mal, comme s'il lui manquait quelque chose. Il jeta un coup d'oeil à la feuille qu'il avait écrit en retenu, puis commença à écrire une chanson. Devant lui, une photo de Marie et lui à la ronde l'inspirait.
Géraldine composa le numéro de Joël, mais personne ne répondit. Elle s'allongea alors sur son lit et s'endormit.
Du côté de Marie, rien ne se passait comme elle le voulait. Pierre qui partait avec Allison et Géraldine qui devenait l'amie de sa pire ennemie. Elle ne comprenait plus rien, elle alla prendre une douche pour se rafraîchir les idées, puis prit un livre, mais n'arriva pas à se concentrer sur celui-ci. Elle se leva et alla taper à la porte de son frère.
- Toc toc. Je te dérange ? Demanda-t-elle.
- Non, non, entre fait comme chez toi, répondit David en rigolant.
- Ah, ah, ah, dit-elle. J'ai besoin d'aide...
- Je ferai tout pour te remonter le morale, jolie dame, répliqua celui-ci.
Marie le regarda d'une façon étrange, car elle trouvait sa réponse un peu bizarre, puis elle commença à expliquer ses problèmes à son frère, en évitent, bien sûr, le problème Pierre et Allison, car là, David saurait tout, comme quoi Marie est folle de Pierre et il ne le fallait surtout pas.
- Et bien, je comprends ton problème, mais pour le moment tu ne peux pas y faire grand chose. Tu sais, Géraldine doit apprendre toute seule qui sont ses vraies amies. Tu ne peux pas l'obliger à faire quelque chose ou à penser comme toi tu le veux !!!
- Oui, je sais, mais pourquoi Allison !!! Dit-elle.
- On va dire qu'Allison a les atouts pour attirer les gens jusqu'à ce qu'ils voient qui elle est vraiment !!!
Marie sourit à David.
- Merci. Tu sembles bien de bonne humeur toi, dit-elle.
- Ouais, je suis allé prendre l'air, ça m'a fait du bien.
- C'est bien. Tu sais ce que je ressens pour toi c'est tellement bizarre...
David la regarda étrangement.
- Désolé, mais je ne sors pas avec ma soeur.
Ils se mirent à rire.
- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. C'est que parfois, t'es tellement détestable avec moi, que mon seul désire est de te voir suspendu par les pieds au dessus du fleuve...
David reprit sa mine terrifiée.
- Je le savais, tu es dans la mafia! Maffieuse !!
- Mais non voyons et des moments comme ceux là, je veux juste remercier le ciel d'avoir un frère aussi merveilleux.
Elle le prit dans ses bras, lui donna un bisou sur la joue et dit.
- Merci, je pense que je vais aller me coucher maintenant, je me rend compte que tu me serres pas mal fort, en faites.
Riant, David fit sortir Marie de sa chambre à coup de coussins.
Véro finissait d'ajouter le dernier ruban au cadeau, puis elle le déposa sur sa table. Elle mit son pyjama préféré et se glissa dans les draps de son lit, après avoir fait le tour de sa journée qu'elle trouva désastreuse, elle s'endormit.
Géraldine finissait de mettre son ancien linge dans un sac et de le remplacer par le nouveau qui prenait toute sa garde-robe puis, épuisée, elle se coucha sur son lit et commença à rêver.
Pierre regardait la photo où Marie était en train de l'arroser, il se surprit à sourire, en repensant à ce souvenir. Ils s'étaient tous les deux amusés cette journée là, à s'arroser. Plusieurs personnes les avaient même prit pour un couple, mais ils répétaient inlassablement qu'elle était comme une petite soeur pour lui. Il créa alors le dernier paragraphe de sa chanson puis, fatigué, il se déshabilla et se coucha.
Marie alla dans sa chambre et se glissa dans ses draps, elle repensa a cette journée, elle avait vraiment envie qu'elle se finisse, elle ferma les yeux et s'endormit sur le coup.
David, lui, ne s'endormit pas tout de suite. Après que Marie ait quitté sa chambre, il s'était concentré à se remémorer sa journée. Il s'était attardé aux bouts où Véro y était présente, mais lorsqu'il réalisa qu'il repensait à elle de cette façon, il alla éteindre sa lumière et se coucha, pour retirer ces pensées de sa tête.