Véro s'était réveillée tard, elle n'avait pourtant pas eu de mal à s'endormir. Après s'être lavée, habillée, coiffée et maquillée, elle rappela Marie, comme Jeff lui avait dit de faire, lorsqu'elle l'avait croisé à la salle de bain. Lorsqu'elle appela, elle se souvenu alors que son amie n'était pas très matinal. Elle entendit un salut endormi de son amie, à l'autre bout du fil.
- Salut ! Désolé de te rappeler de si bonne heure...même s'il est...midi et quart...mais bon Jeff a dit que tu pleurais au téléphone...
- Oui...je...tu m'excuses un instant...
Véro accepta et entendit Marie crier.
- DAVID, ENLÈVE MON CHEMISIER TU VAS L'ÉTIRER!! Désolé, David fait encore l'imbécile...
- Ah d'accord...pourquoi tu m'as appelé ? Demanda Véro.
- Tu fais quelques choses aujourd'hui?
- Pas grand chose... J'y pense... Marie et si on dépoussiérait nos instruments de musique et on s'y remettait...
- Ouais, alors on se voit dans dix minutes...
- Ok...
Un long silence s'installa entre les deux jeunes filles, puis elles raccrochèrent.
Marie resta un moment à regarder le téléphone, elle aurait voulu parler à Véro de ce qu'elle ressentait devant la trahison de Géraldine, mais les mots s'était coincés dans sa gorge. Elle se leva et ouvrit la porte de son placard. Là, sa guitare l'attendait. Elle l'attrapa et commença à la dépoussiérer, elle ne l'avait plus touché depuis qu'Allison s'était moquée d'elle et l'avait ridiculisé devant toute l'école. Elle la regarda tendrement, puis recommença à gratter les cordes. Déjà, elle commença un petit accord, mais s'arrêta aussitôt en se voyant dans le miroir. Elle se trouva alors ridicule d'être là en pyjama à essayer de rejouer de la guitare, mais elle ne s'aurait dire pourquoi, mais quelque chose lui disait qu'elle n'était pas ridicule. Elle recommença alors à jouer ses quelques accords.
Pierre se réveilla, pendant la nuit, il avait pensé à la mélodie qu'il pourrait mettre pour sa nouvelle chanson. Il s'assit, attrapa sa guitare et se mit à composer, devant lui la photo de Marie lui souriait. En voyant la photo, il sentit quelque chose au creux de son estomac puis il se mit à penser à ce qu'il venait de ressentir. Il secoua la tête histoire de se ressaisir après s'être remis les idées en place, il s'habilla d'un T-shirt et d'un jeans, embarqua sa chanson et sa guitare et commença son trajet pour aller chez David.
Véro raccrocha, elle voyait que Marie lui cachait quelque chose et qu'elle semblait mal à l'aise. Elle laissa tomber, en se disant qu'elle pourrait toujours en parler avec elle, lorsqu'elle la verrait. Elle se leva et sortit sa basse. Elle descendit en bas pour enfiler tuque, manteau et foulard et traversa chez Marie qui lui répondit après quelques secondes d'attentes. Déjà, lorsqu'elle ouvrit la porte, Marie lui semblait, pâle et triste. Par chance, elle avait pensé lui apporter son cadeau. Marie la laissa entrer aussitôt, elles montèrent dans la chambre de la jeune fille, puis elles se mirent immédiatement à jouer et à chanter, faisant résonner une douce musique dans toute la maison.
Sébastien se promenait à l'extérieur, Géraldine ne l'avait pas encore appelé et il commençait à se demander si elle accepterait de lui reparler un jour. Il s'en voulait de s'être conduit comme ça, mais maintenant que le mal était fait, il ne pouvait plus reculer. C'est alors qu'il l'aperçut de l'autre coté de la rue, il courut alors à sa rencontre, mais elle l'ignora. Lorsque soudain Allison arriva en voiture, à l'étonnement de Seb, Géraldine rentra dans la voiture et alla même jusqu'à faire la bise à Allison. Tout laissait à croire qu'elles étaient amie depuis longtemps.
Pierre remonta son foulard, il commençait à neiger et le froid lui gelait la peau. Sa guitare ne lui avait jamais paru aussi lourde. Il habitait à un coin de rue plus loin de chez David et il arrivait naturellement très vite chez celui-ci, mais aujourd'hui, le vent semblait être contre lui. Enfin, il arriva dans l'entrée. À ce moment, Allison s'arrêta devant l'allée et se mit à lui parler.
- Salut ça va ? Demanda-t-elle.
Il hocha la tête un peu tristement.
- Et toi ça va ? Demanda-t-il à son tour.
- Oui super bien, je suis venue chercher Géraldine, tu ne l'aurais pas vue par hasard ?
- Non, je ne l'ai pas vue. Si tu permets, je vais rentrer, David m'attend et j'ai une nouvelle chanson à essayer...
- Pour qui as-tu écris cette chanson ?
Il leva la tête, l'image de Marie apparut alors dans sa tête.
- Pour une fille merveilleuse, répondit-il en souriant.
Allison avait à présent le sourire aux oreilles, elle lui envoya un baiser par la main, puis repartit. Marie regarda par sa fenêtre la scène. Elle était arrivée au moment où Allison envoyait à Pierre le bisou. Écoeurez, elle ferma rageusement sa fenêtre.
Marie regarda Véro.
- J'en ai assez d'être la petite fille sage...ça suffit, je veux changer...
- Pour Pierre ? Demanda Véro, par réflexe.
- Non pour tout... Allison se moque de moi et je la laisse faire, je suis chouchou de la directrice, je me fais piler sur les pieds sans rien faire...
- Donc t'en as assez de toi-même...
- Ouais, on peut dire ça comme ça.
- Et... quelle personnalité veux-tu avoir...
- Rebelle ! Je ne veux plus être la petite fille adorée et chouchoutée, je veux vouloir faire ce que je veux...
Marie ouvrit alors sa garde-robe et sortit les vêtements les plus sexy qu'elle avait. Elle les mit puis se regarda dans le miroir.
- Si tu portes ça à l'école, la directrice va te tuer ma vieille, malgré que ça me plait bien.
- Je me fou de cette vieille folle, qu'elle aille se faire voir, tout comme Géraldine d'ailleurs...
À ces mots les yeux de Marie devinrent alors humide, mais elle se força à ne pas pleurez et ravala sa peine.
- Si c'est ton choix, je vais t'appuyer. Je n'irai pas te contredire sur ça, tu fais bien ce que t'as envie et je suis ton amie. Je suis là pour t'appuyer.
Marie fit un petit sourire forcer à Véro, puis Véro la prit dans ses bras, car elle avait besoin de se consoler également.
Géraldine et Allison avaient décidé de retourner dans les magasins sans Erika cette fois. Elles s'amusèrent comme des folles, mais Géraldine ne pouvait s'empêcher de repenser à la réaction de Marie et surtout à ce que la jeune fille aurait fait si elle aurait magasiné avec elle.
