C'était le 24 décembre, quand Marie se réveilla dans les bras de Pierre qui la contemplait le sourire au lèvre. Il l'embrassa sur les lèvres et attendit qu'elle soit complètement réveillée.
- Alors bien dormi ?
- Oui, j'ai très bien dormi et toi.
- Oui et tu sais quoi, il fait très beau dehors. J'ai envie de sortir, puis on est déjà le 24 décembre !
- Ah oui, c'est vrai !
Marie et Pierre s'était endormis habillés, alors Marie passa un simple coup de brosse dans ses cheveux et descendit à la cuisine. Pierre était passé par la salle de bain et décida d'aller voir David pour s'assurer qu'il n'était pas fâché. Il referma la porte subitement quand il vit qu'une fille était couchée dans le lit de David, il avait été tellement surpris qu'il n'avait pas reconnu que c'était Véro qui était là. Il descendit rejoindre Marie troublé par ce qu'il avait vu, Marie remarqua que quelque chose tracassait Pierre et décida d'en avoir le c½ur net.
- Il y a quelque chose qui ne va pas ?
- Non rien, enfin je crois...
- Tu crois ?
- Bah j'ai vu une fille...dans la chambre de ton frère.
- Pour vrai ! Tu parles bien dans la chambre de David !
Marie perdit le sourire en pensant à Véro.
- Tu sais qui c'est ?
- Non. Ça s'est passé terriblement vite, alors je n'ai pas trop remarqué.
- Tu crois que...
- Non non, David était dans le petit lit à côté.
Marie n'était pas pour autant rassurée et décida d'aller voir par elle-même. Lorsqu'elle cogna à la porte, elle entendit crier David qui venait de se réveiller et un rire d'une fille.
- Marie, c'est toi ?
- Ouais.
- Tu peux entrer !
Marie hésita ne sachant pas si elle voulait voir cette fille, mais la porte finit par s'ouvrir. C'était David qui la regardait en riant.
- Tu rentres ou pas ?
- Bah j'ai entendu quelqu'un, je ne voulais pas te déranger...
- Tu parles de Véro ?
Marie ne comprenait pas trop, mais lorsqu'elle s'avança et vu Véro assise sur lit de David, elle sourit.
- David, tu peux m'expliquer ce que Véro fait dans ta chambre ?
- Bah vu que je lui avais promis de la border, elle devait dormir ici, mais tu étais dans ta chambre avec Pierre, alors...
- Il m'a invité dans sa chambre, ajouta Véro.
- Et il t'a passé son chandail, constata Marie.
Véro regarda comment elle était habillée et ne put s'empêcher de rougir. David décida de chasser le malaise en répondant tout simplement.
- Ouais, elle a toujours aimé mes vêtements contrairement à toi, alors j'ai été gentil et je lui ai prêté mon chandail.
Pierre arriva au même moment avec Géraldine au talon. Ils restèrent tous les deux surpris de voir Véro avec le chandail de David dans sa chambre.
- Euh...je commence à me sentir regarder là, dit Véro. Je vais aller m'habiller, si ça dérange pas.
Tout le monde partit à rire, elle comprit et elle alla s'habiller dans la salle de bain. Marie et Géraldine vinrent la rejoindre voyant que c'était plutôt long.
- Véro, on peut entrer ? demanda Géraldine.
- Oui...
Véro était assise par terre et regarda ses amies entrer. Elle leur raconta ce qui c'était passé la veille et comment elle se sentait gêné de se qu'elle avait fait.
- Je sais que j'ai simplement dormi dans la chambre d'un ami, mais c'est ça qui me gêne. Je me sens mal parce que je suis amoureuse, mais pas lui...
Elle éclata en sanglot et ses deux amies vinrent la prendre dans leurs bras. Après avoir séché ses larmes, Véro demanda des détails sur la soirée de Marie. Marie raconta à ses amies sa soirée et sa nuit avec Pierre et tous les trois sourirent en entendant l'histoire.
- Je suis tellement contente pour vous deux ! dit Géraldine. Ça faisait longtemps que vous vous regardiez avec envie, mais vous n'arriviez jamais à vous le dire franchement et que ça fonctionne. Je suis vraiment contente!
Véro aussi était contente, mais elle était préoccupée, alors elle dit qu'elle allait rentrer chez elle, que ses parents se demanderaient où elle est. C'était en fait un prétexte pour aller chez elle afin de réfléchir un peu à tout ça et se préparer pour le souper en famille qu'elle avait ce soir là. Ils avaient tous fait un compromis avec leurs parents pour qu'ils puissent passer le soir de Noël ensemble. Véro avait promis d'organiser le grand souper de famille des Stinco la veille de Noël. Elle avait déjà mis la main sur la poignée quand David arriva, il voulait éclaircir quelques petits trucs.
- Véro...pour hier soir euh...
- Laisse tomber David, je sais que tu ne voulais pas finalement...
- C'est pas...
- Bye David!
David n'avait pas eu le temps de lui dire quoi que se soit que Véro était déjà sortie et s'en allait chez elle. Véro se sentait très mal, mais elle ne voulait pas entendre que David et elle étaient seulement des amis et ça ne seraient pas plus, elle le savait déjà. Elle n'avait plus le sourire quand elle arriva chez elle , sa cousine de 4 ans lui sauta dans les bras.
Pierre, Marie et Géraldine étaient dans le salon à parler de tout et de rien, surtout du nouveau couple. Ils n'avaient même pas remarqué l'arrivée de David dans le salon et continuait à rigoler.
- Ça suffit ! J'ai mal à la tête ! cria soudain David.
Tout le monde arrêta de parler et regarda David surpris. Ce n'était pas dans l'habitude de David d'obliger le monde d'arrêter de parler, car il avait mal à la tête.
- David, ça va ? demanda Pierre.
- Je viens de le dire, j'ai mal à la tête!
Pierre entraîna David dans une autre pièce pour lui parler, devinant qu'il ne dirait rien devant les filles.
- Bon, tu vas me dire ce qui se passe !
- Véro...
- Tu l'aimes, mais tu crois pas qu'elle t'aime, c'est ça ?
- Je sais pas... Je crois qu'elle me veut seulement comme un ami et ça m'attriste. Je me suis rendu compte que je suis amoureux d'elle et ça me ferait mal de l'entendre dire qu'elle ne partage pas les mêmes sentiments.
- Je sais ce que tu ressens...c'était pareil avec Marie... Je te conseille d'aller lui en parler, c'est la meilleure solution.
- Ouais peut-être...pas aujourd'hui.
Pierre donna une tape amicale sur l'épaule de David et lui proposa d'aller faire de la planche à neige, mais David refusa. Ils décidèrent donc de jouer à un jeu vidéo, lorsqu'ils arrivèrent dans le salon, les filles n'y étaient plus.
Jessy s'était réveillée tôt, car elle devait aider sa mère à faire le repas pour le soir. Ils avaient décidés de seulement souper en famille, mais de faire tout de même ça en grand. Jessy prépara des desserts pendant que sa mère s'occupait de farcir la dinde et que son père lavait la vaisselle que Jessy et sa mère salissaient. L'ambiance était celle d'une famille presque parfaite tout le monde souriait et s'entraidait en chantant des chansons de Noël. Ce n'avait pas été comme ça dans la famille tout le temps qu'ils avaient été aux États-Unis. Jessy soupçonnait cette maison d'être magique, elle riait à cette idée et continua à chanter pour enterrer son père qui faisait exprès de chanter n'importe quoi.
Géraldine et Marie étaient montées à l'étage dans le but de choisir une tenue pour le soir de Noël. Ils finirent par trouver quelque chose que Marie avait fini par oublié, mais comme elle avait perdu un peu de poids, ça lui faisait maintenant à merveille. Marie avait enfilé des jeans qui semblait avoir un effet magique sur elle, car ça lui faisait à merveille. Elle avait aussi mis un chandail qui la mettait en valeur, il était rouge plutôt foncé. Marie aimait bien l'effet que ça faisait sur elle. Géraldine mit alors un CD qu'elle adorait et elle et Marie commencèrent à chanter et à sauter un peu partout dans la chambre. Marie exprimait sa joie d'être enfin avec Pierre en chantant et en riant.
Pierre et David chantaient également en jouant à leur jeu vidéo. On pouvait les entendre de l'autre côté de la rue tellement ils chantaient fort et ne se souciaient pas des autres.
Véro avait terriblement mal à la tête et était très fatiguée quand elle alla s'asseoir tranquille dans sa chambre. Elle avait tellement eu à faire qu'elle n'avait même pas eu le temps de penser un peu à ce qui s'était passé avec David. Alors quand elle se regarda dans le miroir, elle se mit à pleurer. Elle se changea tranquillement tout en pleurant et se coucha sur son lit face au mur. Elle entendit quelqu'un cogner à la porte et lui cria d'entrer. Sa cousine entra dans sa chambre et vint s'asseoir sur son lit, elle lui massa doucement le dos en la regardant. Sa cousine, Léonie, avait toujours été une amie pour elle, presque la s½ur qu'elle avait temps espéré.
- Véro, enfin qu'est-ce que tu as ? Tu sais que tu peux me le dire à moi.
- Bah, tu sais David...je ne sais pas dans le fond. C'est flou dans mon esprit.
- Tu l'aimes ?
- Ouais... L'affaire c'est que je crois que lui ne m'aime pas, ça me désole.
- Je comprend, mais te l'a-t-il dit clairement.
- Oui quelque fois, même si l'autre jour il m'a embrassé et que hier soir j'ai dormi dans sa chambre, mais j'ai bien peur que ce n'était que des erreurs.
Léonie savait qu'elle ne pourrait faire changer son amie d'avis, alors elle se contenta de commencer à chanter une chanson que Véro avait écrite. Véro était surprise que son amie la connaisse, car c'était sa dernière et elle ne se rappelait pas lui en avoir parlé.
- Comment ça tu la sais ?
- David...
- De quoi là ?
- Il me l'a chanté, il me parle toujours de toi. Ça en vient fatiguant !
Véro resta surprise de la révélation de son amie. Elle lui lança alors un coussin quand elle vit son regard moqueur et elles descendirent pour fêter avec le reste de la famille.


